Ne plus être indexé sur Google un voeu pieux impossible ?

Publié le par stephanezibi

Rupert Murdoch est à la tête d'un groupe transmédia tentaculaire. Présent comme actionnaires (principal ou minoritaire) dans presque 100 entreprises différentes dont la Paramount, le Wall Street journal, la 20th Century Fox, MySpace ou Harper Collins... il veut ces derniers temps clairement marqué les esprits en voulant aller à l'inverse des idées reçues et des habitudes du marché.

Cet ultra conservateur australien qui n'hésite pas à faire des campagnes anti européennes en Grande Bretagne ou être ouvertement contre le Président Obama aux Etats-Unis a pris ces derniers mois deux positions étonnantes sur l'économie numérique.

La première fut, cet été, de vouloir rassembler ses concurrents dans sa croisade contre l'info toute gratuite en s'appuyant sur l'exemple, il est vrai profitable, du Wall Street Journal (sans tenir compte de la cible orientée dirigeants devant avoir l'information à n'importe quel prix).

Cette première prise de position qui va à l'encontre des politiques des principaux sites d'informations était une première pierre dans sa volonté, d'entraîner ceux qui sont aujourd'hui ses concurrents, dans un changement des habitudes et des usages des internautes dans le monde.

Ces déclarations ont eu comme conséquences quasi immédiates de lancer le débat en interne des rédactions, des comités de directions ou les conseils d'administration voire même de réorienter les politiques de sites comme Le Figaro ou Libération ou de la future application iPhone du Monde.

L'autre sortie étonnante de Murdoch fut d'afficher sa volonté de sortir des résultats de recherche de Google. Cette nouvelle provocation qui par rapport à la première parait certes plus utopique mais mérite d'être étudiée néanmoins car elle me semble finalement logique.

Google l'omnipotent

Avant une marque, une entreprise cherchait à avoir un beau site Internet avec une belle page d'accueil. On a rajouté au fil des années les règles de référencement naturel pour apparaître au mieux sur Google qui nous empoisonnent tout autant que la compatibilité trans navigateurs.

Une marque ou une entreprise doit toujours avoir une belle page d'accueil sauf que celle ci s'est aujourd'hui déplacée du site de la marque en question vers Google. Aujourd'hui le fait comment vous apparaissez sur Google devient aujourd'hui votre véritable page d'accueil.

Pour les particuliers ou les TPE/PME utilisant les Google Apps, le Dashboard qui résume tous les services ou applications provenant de Google cela donne encore plus le vertige de voir que plus de 20 services (j'en ai 35 pour ma part !) scrutent votre utilisation quotidienne sur Internet.

Cette quantité de données gigantesque est, on le sait, analysée à travers des entrepôts de données (dont la solution Netezza) qui une fois structurées permettent de proposer des publicités de plus en plus ciblées pour avoir des revenus via les liens sponsorisés les plus grands car souvent proches des besoins de l'internaute.

Tout cela finançant des nouveaux services de plus en plus grands qui seront pour la plupart gratuits mais qui récolteront encore plus de données personnelles. Les derniers exemples du GPS made in Google, du système d'exploitation ou du navigateur Chrome illustrent encore plus la volonté d'accumuler encore plus de données personnelles. Google va finir par devenir omnipotent et cela va bien finir par provoquer une forme de répulsion comme un peu Microsoft depuis 15 ans.

L'attitude de Murdoch peut être donc salutaire. Il est puissant tant financièrement que médiatiquement, s'il va au bout de son idée, d'autres sites, d'autres groupes voudront peut être le suivre et ainsi quitter ce qui est le socle d'origine de Google à savoir le search.

Cela donnerait à ces sociétés la possibilité de voir combien elles valent vraiment. A mon humble avis ce sera un des futurs indicateurs de base pour valoriser un service, un site, une société que de voir sa non-dépendance à Google.

En attendant de voir si cela sera effectivement fait voici l'interview en question où Rupert Murdoch annonce sa volonté de désindexer tous ses sites du moteur de Mountain View.

Publié dans Actualité, Google, Medias, Myspace

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article